Les ministères en charge de la Sécurité et de la Protection civile ont rappelé à la population les dispositions juridiques entourant la détention, l’achat, la consommation, la culture des plantes et des substances classées stupéfiants ou psychotropes. La sortie vise non seulement les consommateurs de la chicha mais rappelle aussi les récurrentes sorties anodines du ministre à la veille des fêtes de fin d’année concernant les pétards.

En joignant l’acte à la parole, nous avons appris que la police nationale aurait saisi des chichas à Kara, durant des luttes traditionnelles. D’après les informations, une descente sur le site de la foire Evala les 14 et 15 juillet derniers aurait permis aux forces de confisquer les marchandises. Est-ce un coup d’épée dans l’eau ou une mesure dissuasive ? On est tenté par la seconde hypothèse vue les sorties successives des autorités.

« La vente et la consommation du tabac, y compris ceux consommés à l’aide de la chicha sont interdites et punies par les articles 865 et suivants du nouveau code pénal. J’interpelle les jeunes qui s’adonnent ces pratiques. Arrêtez maintenant, au risque de tomber sous le coup de la loi », a écrit le 14 juillet dernier Myriam Dossou-d’Almeida, ministre du Développement à la base, de la Jeunesse et de l’Emploi des jeunes. 

La mise en garde est également faite par le ministère en charge de la Protection civile. « La détention, l’achat, la consommation, la culture des plantes et substances classées stupéfiants ou psychotropes (cannabis, ecstasy, opioïdes, cocaïne, amphétamines, etc.) sont interdits et punis (…) l’incitation et la provocation par n’importe quel moyen à l’usage illicite des drogues ou substances présentées comme ayant les mêmes effets ou non, constituent des infractions », a fait savoir le ministère. Et de brandir la menace : « Ceux qui sciemment auront fourni à un(e) mineur(e) l’un des inhalant chimiques ou toxiques ou des plantes ou substances classées comme stupéfiants ou substances psychotropes seront poursuivis et punis ».

Dès lors pourquoi ces soudaines réactions lors des festivités en pays Kabyè ? On dit souvent qu’il n’est jamais trop tard pour faire du bien. Et c’est en cela que, quoique laxistes face au phénomène inquiétant et foisonnant des chichas clubs à tous coins de rues au Togo, les ministères concernés se doivent de tirer la sonnette d’alarme, voire sévir. Les dangers de la consommation du narguilé, l’autre appellation de la chicha, exposent le consommateur à nombre de maladies, les maladies respiratoires, les cancers, entre autres.

Selon les informations sa teneur en fumée, « notamment en béryllium, en chrome, en cobalt, en plomb et en nickel, est plus élevée que celle de la fumée de cigarette ». Il faut saluer le timing des rappels des autorités. Nous sommes en périodes de vacances, moments durant lesquels, les jeunes se laissent aller à toutes sortes d’addiction. Et c’est pourquoi la mesure régulatrice est venue à point nommé pour les alerter qu’ils s’exposent aux sanctions en consommant des substances psychoactives.

Au-delà, du « coup de filet » de Kara, les autorités doivent aller plus loin. Couper le mal à sa racine, c’est-à-dire, interdire aux opérateurs économiques l’importation de la chicha et ses dérivés. Bien sûrs la mesure ne sera pas étanche. La crainte de voir le phénomène entrer en clandestinité n’est pas exclue. Mais les opérations de saisie régulières permettront d’endiguer la situation. Ce qui ne se fait pas au niveau des pétards où chaque fin d’année, le ministre fait des sorties rébarbatives sans action.

Benoît EKLOU

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